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La perspective linéaire

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La perspective linéaire (ou conique) est restée la perspective dominante dans le domaine artistique car elle imite le mieux la photographie, et ce que l’œil voit. Elle s'organise à partir de l’œil du spectateur.


Il s'agit d'une projection, sur un plan (un tableau) de toute les droites passant par les côtés d'un objet vers un point : l’œil, appelé centre de projection ou point de vue. L’œil contemple des objets sur une surface où l'illusion de profondeur est donnée par la diminution de la taille des objets selon leur profondeur. De plus, les lignes partant de l'objet sont convergentes en un point de fuite, et s'il y en a plusieurs, elles se situent toutes sur une même ligne appelée ligne de fuite ou ligne d'horizon.

C'est à dire que cette perspective consiste à construire des lignes convergentes en un point de fuite, ces lignes sont dans la réalité, parallèles mais si on les observent de loin, on constate qu'elles convergent en un point. Ce qui permet la diminution des formes les plus éloignées. (cela correspond à ce qu'attend notre cerveau).


Elle est appelée perspective linéaire par Léonard de Vinci du fait qu'elle n'utilise que des lignes. Elle est aussi appelée perspective conique du fait que les droites reliant l'oeil de l'observateur au contour de l'objet forme un cône. (elle est aussi nommée : projection ou perspective centrale)



 

Première formulation avec Alberti


 Cette perspective a été formulée pour la première fois dans un texte qui s'appelait : De Pictura de Leon Battista Alberti un humaniste, théoricien, peintre, architecte, mathématicien... florentin en 1435/36. Ce traité était dédié à son maître Bruneleschi Filipo, à qui la découverte de cette perspective est attribuée. Il a utilisé cette perspective lorsqu'il construisait la coupole de Florence et inventa un système lui permettant d'en faire une représentation en trois dimensions (avec la célèbre Costruzione legittima, méthode de construction exposée par Alberti plus tard).


Dans son traité, Alberti décrit une formule permettant de calculer automatiquement « la distance entre les formes se répétant en profondeur », mais il n'y traite pas seulement de la perspective mais d'autres sujets concernant la peinture.

 

La Costruzione legittima: méthode de construction

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La méthode de construction d'un damier selon Alberti revient à tracer des segments de même dimension sur la jacens linea (qui correspond à la ligne de terre (voir schéma ci-dessous), droite d'intersection des deux plans : plan du tableau et plan perpendiculaire : parallèle donc au sol).

On construit ensuite des droites partant de chacun des points du segment et se dirigeant vers deux points de fuites distincts (alignés, formant une ligne de fuite).

Et enfin, on trace les droites parallèles à la jacens linea, passant par les points d'intersections des droites issues des deux points de fuite. (voir la première animation du site : permettant une bonne compréhension http://gaetan.bugeaud.free.fr/pcent.htm) 

Il suffit d'appliquer la même méthode pour faire des objets en perspective linéaire.

 

Pour la perspective inversée, on applique le même principe mais inversé.

 

Celle-ci était souvent utilisée par les byzantins pour les icônes religieuses. En effet, la lumière y est inversée car elle vient de Dieu (elle provient donc du tableau : le point de fuite est donc du côté du spectateur). Il y a donc aucune ombre : les personnages se situant en pleine lumière et la produisant aussi.

Mais il pouvait aussi utiliser la perspective symbolique, (de l'importance ou signifiante) où les personnages les plus grands étaient les plus importants (cette dernière n'utilise pas la géométrie dans l'espace). Cette perspective était aussi fréquement utilisé dans la peinture médiévale pour représenter le seigneurs et ses sujets. Mais elle a été abandonnée dès la renaissance avec la mise en place de la perspective linéaire.

 

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La perspective de bas en haut

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Melozzo De Forli est le peintre du pape Sixte IV, il a peint entre autre la fresque de la chapelle sixtine. Il fut un célèbre maitre de la perspective qui fut le premier à utiliser de bas en haut (dite par les historien de l'art di sott'insù).

 

Dans la perspective de bas en haut, l'organisation de la perspective dépend de la hauteur de la ligne d'horizon, ou de fuite : la convergence des lignes vers le point de fuite donne une impression de profondeur ou de hauteur.

Elle est utilisée pour les œuvres destinées à être vues de bas en haut.

 

 

Le tableau ci-dessus de Antonio Allegri da correggio : Assomption de la Vierge, décorant le dôme de la cathédrale de Parme, utilise cette perspective pour rendre le spectateur petit devant cette hauteur. De plus le sujet du tableau est emprunté à la religion : à la Bible, texte religieux. Allegri da Correggio c'est donc inspiré d'un texte religieux, il a été influencé par la littérature, et par la culture judeo-chrétienne.

 

Améliorations avec Della Francesca

Piero della Francesca (141?-1492) peintre et mathématicien italien, a beaucoup utilisé la perspective pour ses peintures ; on a par exemple « la flagellation du Christ » ( voir vidéo correspondante pour avoir plus de détails http://www.dailymotion.com/video/xc655y_piero-della-francesca-mathematiques_school#rel-page-1). Mais il a aussi écrit un traité consacré ouvertement à la perspective  : « De prospectiva pingendi » (de la perspective en peinture). Il n'y traite que de la perspective géométrique, il y approfondit les fondements théoriques énoncés par Alberti et les justifie par des exemples mathématiques et des figures. Il résout des problèmes posés par la perspective.

Il y reprend les principes d'Euclide sur l'optique. Tout l'ouvrage est une démonstration mathématique très rigoureuse.

Il va s’intéresser à la représentation du carré.

Voir la démonstration à la fin de l’article dernier lien : http://art.et.sciences.free.fr/anne-carrols.htm

 

D'autres améliorations

 

La perspective atmosphérique avec ombres et tracé

Après de nombreuses évolutions comme avec Léonard de Vinci avec son « traité de la peinture » ou il classe les différentes perspectives selon 3 catégories : la perspective avec les lignes (linéaire) : diminution des objets..., la perspective d'atténuation des couleurs et enfin la perspective qui diminue les détails dans la profondeur. Il va donc introduire la perspective atmosphérique avec le clair obscur, les variations de couleurs...

 

La ligne de fuite avec Jean Pèlerin

On a parallèlement en Europe de grands artistes comme Albrecht Dürer ou Jean Pelerin, qui poursuivent les recherches. Jean Pelerin publie « De artficialis perspectiva » où il énonce pour la première fois la ligne d'horizon (ou ligne de fuite), les deux points de fuite diagonales et le point de fuite centrale (sa méthode étant très proche de la perspective oblique à deux points de fuite actuelle).

 

Géométrie descriptive avec Gaspard Monge

On aura enfin le mathématicien français Gaspard Monge avec la géométrie descriptive que va définitivement établir la théorie de la perspective.

 

Dernières améliorations:

Il y aura cependant des éléments qui vont être découverts au 19ème siècle comme la photographie qui va profondément bouleverser le monde de l'art : les artistes vont améliorer et comprendre définitivement la perspective. Ils vont utiliser entre autre la perspective curviligne qui vise à représenter au mieux ce que l'oeil voit réellement : elle veut donc se rapprocher de la vision rétinnienne. C'est à dire de représenter un champs de 180° et plus de 30° comme le faisait la perspective linéaire. 

Cela va permettre à certains artistes de mieux l'utiliser mais d'autres vont la considérer comme une entrave à la créativité. Aujourd’hui, à part la peinture figurative, seul le surréalisme utilise parfois la perspective (anamorphose/trompe l’œil entre autre). Elle est aujourd'hui qu'un simple outil et non une contrainte, du fait de l'invention de la photographie.

 

Les différentes perspectives linéaires

 

La perspective linéaire peut être de trois types : avec un, deux ou trois points de fuites. Tout d'abord, les lignes de fuites sont toutes les directions de l'espace, sauf celles parallèles aux spectateurs ou au visage du peintre. Elles convergent en un ou plusieurs points. Lorsqu'il y a plusieurs points de fuites, ils sont tous alignés et forment une droite appelée ligne de fuite. Tous les tableaux parallèles à ce tableau ont la même ligne de fuite.

Comme exemple de ligne de fuite, on peut prendre la ligne d'horizon. Si on prend des rails de chemin de fer, comme objet, qui convergent en un point qui se trouve sur la ligne d'horizon et si on recule d'un pas, on a alors, la même ligne d'horizon et le même point de fuite.

 

La perspective linéaire à un point de fuite

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La perspective à un point de fuite, aussi appelée perspective frontale, est utilisée lorsque le plan du tableau est parallèle à une des face de l'objet représenté (pour la construire on part d'une face).

 

 

La perspective à deux points de fuites

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La perspective à deux points de fuite, aussi appelée perspective oblique, est utilisée lorsque le tableau est perpendiculaire à une des faces de l'objet : ce dernier est placé obliquement par rapport au plan du tableau (on part d'une ligne).

 

 

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La perspective à trois points de fuite est utilisée lorsque l'objet n'a aucune de ses arrêtes parallèles au plan du tableau. (on part d'un point)

 

  On distingue ces différents types de perspectives lorsque les objets représentés ont des formes simples (comme des immeubles par exemple qui sont des empilements de parallélépipèdes ). Mais lorsque les formes deviennent plus compliquées, avec beaucoup de lignes dont aucune n'est dominante, on ne distingue pas les différents types de perspectives.

 

Conclusion de la perspective 

On voit donc qu'il y a beaucoup de perspectives différentes mais on remarque aussi que toutes utilisent la géométrie dans l'espace et donc les mathématiques. Celles-ci sont souvent utilisées par les peintres, notamment pour des oeuvres à signification les plus souvent religieuses (comme avec Correggio : la perspective de bas en haut ou bien, les Byzantins, avec la perspective inversée et symbolique).

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